{ Dark Story
When I was human {Point de Vue animal}
Les hommes ont oubliés mais les chiens se souviennent. Eux n’oublient pas.Ils savaient où se situait le danger alors que les debouts sous-estimaient toujours les Gris et les Demi-loup. Mais nous, nous savons qui ils sont. Nous savons ce qu’ils font. Territoire, Chasse et Proie. Toujours ces mêmes idées qui rythment l’humanité. Nous accompagnons les debouts depuis plus longtemps qu’eux ne peuvent s’en souvenir. Nous suivions leurs pointes de fer, puis un jour l’un de nos frères sauvages s’est plus approché que les autres. Empli de cette curiosité animale qui nous caractérisent. Les debouts l’ont accueillie avec la méfiance qui les caractérise mais quand celui des nôtres les a prévenu d’une chasse. Les debouts ont fini par nous accueillir à bras ouvert. Nous avons assisté à leur évolution. Et à l’arrivée des autres. Nul ne sait qui des Gris ou des Demi-loup furent là les premiers.
Notre grande mère à tous, Yadala, nous a recommandé de nous méfier d’eux. L’avenir était son présent. Ainsi s’était transmise la mémoire de notre race. Ainsi quand les debouts croient que nous les appelons, quand résonnent la nuits nos cris. Nous ne faisons que nous parler entre nous, nous racontant les histoires de Yadala.
Je me nomme Raavin', j’appartiens à la race des chiens des neiges. Bien que les debouts appellent ça. Husky. Mon histoire est aussi celle des étoiles, car c’est sous elles que tout a commencé et que sûrement tout finira.
Je vivais dans le grand nord, hier. J’étais chef de meute. Les miens m’obéissaient parfaitement, jusqu’à l’arrivée de Zarik. Il s’est rebellé contre mon autorité. Et malgré nos nombreux combats, ne s’avouaient jamais vaincu. Ce n’était pas un habitant du nord, sinon il aurait plié.
Nous courrions à une vitesse modérée pour rallier la prochaine halte avant la tombée de la nuit. Et cela depuis avant le lever du jour. L’air se réchauffait, nous entrions dans la période des arbres verts. Dangereuse époque. Je le savais d’expérience.
Devant moi, s’étendait la toundra gelée, immensité blanche, liberté retrouvée. Je tirais un peu plus sur mon harnais pour attirer mes frères et sœurs à ma suite. Ils réagirent, ivre comme moi de cet appel du froid. Notre maître nous encourageait de la voie. Lui aussi percevait. Je humais l’air frais. Je ralentis lentement, pour laisser le temps à ma meute de faire de même. Devant nous s’étendait l’eau froide. Le debout vint me rejoindre en sentant mon hésitation à traverser. Il s’accroupit près de moi, je sentais les effluves de son corps, sueur et café de son dernier repas. Il me grogna des choses. Je le regardais de mes yeux aussi clairs que l’eau froide, avant de l’observer cette immense place. Soudain, je sentis qu’on tirait sur mon harnais, je tournais la gueule surpris pour voir mon maître défaire mon harnais. Je restais tranquille mais commença à m’agiter et à japper quand je vis qu’il mettait Zarik en tête. J’essayais de me rebeller quelques instants, mais une série d’ordre sec, trop longtemps inscrits dans mon esprit me calma. Mais je ne pouvais faire taire ce sentiment d’angoisse dans mon cœur.
Zarik attendit à peine que notre debout se soit remis, avec son garçon d’une dizaine d’année, sur le traîneau pour s’élancer à travers l’eau froide. Au milieu de cette étendue glacé je sentis le danger ainsi que mes compagnons, mais Zarik fit la sourde oreille à nos conseils. Le centre de l’eau froide avait toujours été plus mince, et c’est vers là que l’attelage se dirigeait. J’essayais de détourner le traîneau mais Zarik se retourna et me mordit violemment à la patte avant. J’encaissais avec un regard mauvais, me concentrant sur la piste. On sentait les fumées du camp de l’autre côté du lac. Je n’avais jamais perdu un debout. J’amènerais celui-ci à destination, fusse mon dernier voyage.
L’eau froide se fissura. Bruit qui résonna à mes oreilles comme une promesse de mort. Le debout voulut réagir en voyant la glace se fissurer. J’entendis ses ordres, et je sus que Zarik n’y réagirait pas. Il continuait, aveugle et sourd. Un craquement plus sonore que les autres le fit douter de la piste qu’il avait choisie mais il était trop tard, le poids du chargement avait fait craqué l’eau froide, entraînant le traîneau. Réaction sans interrogation. Tirer le traîneau hors de l’eau. La meute ensemble se fondant à un seul. Nous nous souvenions, quand nous courrions encore sauvages dans les vertes forets du territoire blanc. Un cri, long hurlement, de cette sauvagerie qui m’avait depuis longtemps quitté. Je crus un moment que nous avions réussi à sortir le traîneau. Malheureusement nous avions cessé d’exercer la traction sur le harnais, et il se souleva, basculant sur le coté, tombant sur moi. Je vis ma mort. Et ma seule pensée fut que j’avais déshonoré mes ancêtres. La meute tira et réussit à s’éloigner, rendant ainsi au traîneau sa position initiale, ils le tirèrent vers une étendue plus solide. Tandis que moi pendais mollement dans mon harnais. Je sentis les mains de mon debout parcourir mon corps brisé, sentis ses larmes sur mon pelage et levais faiblement la tête vers lui avant de sombrer dans le noir.
La suite reste confuse pour moi, une suite de période de lumière et d’obscurité. Puis cette vérité qui s’inscrivit au fer rouge dans mon âme. Jamais plus, je ne pourrais tirer un traîneau. J’étais diminué, je voulais mourir. Mais il faut croire que je n’étais pas encore prêt à rejoindre la grande Yadala et les neiges toujours blanches. Car je rencontrais un debout. Différent des autres. Il m’emmena avec lui, loin du nord, loin des pins toujours vert.
Et là commença la torture. Tous les jours, Il venait me voir dans la petite maison de bois qu’il m’avait fabriqué, et me forçait à marcher- Il ne représente que l’enfant de ce debout qui a commis l’erreur de changer le chef de traîneau. Il ne voulait, au final, que me faire revivre. Il lui fallut de long mois de patience, à dormir près de moi. A relever mes chutes, et me relancer éternellement ce morceau de bois pour que je le lui rapporte. Mais aujourd’hui, je remarche.
Ce garçon dont je fis la connaissance quelques années plutôt et qui me fit remarcher, est devenu pour moi un second maître. Je ne sais comment le nommer car il n’est pas comme tous les debouts, il a l’air plus …moins humains disons. A la mort de mon premier maître, je fus attristé pendant de long mois puis une autre peine arriva dans ma vie : le « debout-qui-me-comprenait » partait. Je ne savais pas où, mais il partait vraiment. Je vins à manquer de faim, d’envie de vivre dès les premiers jours ce qui me valut, une semaine après, de rejoindre ce debout à l’air sympathique, ce garçon que j’affectionnais, celui qui me comprenait et me chuchotait des secrets que seul moi je gardais. A ce jour je vis toujours avec lui et j’ai gardé en mémoire toutes ces longues années qui s’étirent derrière moi comme une vaste étendue de neige…
Parfois mon regard se porte vers le nord, vers cette vie à laquelle j’ai dis adieu, longtemps auparavant. Maintenant je tire sur mes vieux jours et passe la plupart de mon temps tapi au coin du feu dans la salle commune des élèves. Je vais bientôt m’éteindre mais je n’ai pas peur de la Mort. Je fais confiance à Tyffanie pour veiller sur Viktor…
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Crawling in my skin
These wounds they will not heal
Fear is how I fall
Confusing what is real.